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dimanche 27 décembre 2015

Agnès Desarthe "Ce coeur changeant"




Rose grandit entre un père stoïque qui doute en permanence de tout et une mère froide et distante, elle compense son manque d'amour auprès de sa nounou. 1909, Rose a 20 ans, elle quitte son milieu bourgeois favorisé en quête d'une vie nouvelle à Paris alternant déchéances à la manière d'un roman de Zola et ascensions pendant les années folles. 
Tout dans ce roman est contrasté, les personnages ne sont ni bons ni mauvais, ils sont très justement humains, Agnès Desarthe sait mettre en avant leurs sentiments les plus nobles comme leurs pires perversités. Le propos se veut très féministe, la liberté est la clé de voute. L'auteur parle de la filiation en montrant toute l'ambiguïté d'une mère face à sa fille.
Magnifique roman. 

 


samedi 8 août 2015

Ivan Repila "Le Puits"


Souvent considéré à tort comme des histoires réservées aux enfants, parce qu'ils les mettent en scène, les contes décrivent la cruauté, la brutalité et la violence de l'homme. Le Puits en est l'illustration parfaite. 

Deux enfants, ils sont frères, ils n'ont pas de noms. Le Petit et le Grand sont prisonniers d'un puits de terre au milieu d'une forêt sans perspective de secours. Sept mètres les séparent de la vie, leur lente agonie commence. Ils tentent de survivre, en luttant contre la faim, la soif, la peur, la folie, le froid, la haine, l'amour. Si le dénouement est annoncé avant la fin (elle n'en demeure pas moins bouleversante), l'intrigue repose sur la question : comment ces deux enfants sont-ils tombés dans le puits ? Était-ce un accident ? Quelqu'un de malveillant les y a-t-il poussés ? 
Une tension extrême se dégage de ce huis-clos où l'auteur fait osciller le lecteur entre dualité et amour fraternel, entre tristesse et espoir.

Ce premier roman de Yvan Repila fait l'effet d'un électrochoc, il secoue, vous traverse de part en part et vous laisse étourdi. 

lundi 25 mai 2015

Léonor de Récondo "Amours"


Gros coup de cœur !

Amours au pluriel. Voici un titre bien énigmatique pour qui ouvre ce roman et en commence la lecture. 

1908. Déjà cinq ans que Victoire est mariée à Anselme, notaire à Saint Ferreux-sur-Cher. Leur mariage ne respire pas la joie et le bonheur. Aucun enfant n'est né de leur union, ce qui fait jaser dans le bourg. Victoire n'a pas choisi d'épouser Anselme, c'est sa mère qui a répondu pour elle à une annonce d'Anselme, alors veuf, publiée dans Le Chasseur français. La jeune femme au caractère changeant se montre tantôt douce, tantôt froide et distante avec son mari, lequel se console régulièrement dans les bras de Céleste, la jeune bonne de la maison. Arrive ce qui doit arriver, Céleste est enceinte. Victoire découvrant la grossesse de Céleste et comprenant qui est le père décide de dissimuler le ventre arrondi de sa bonne et d'annoncer à leur entourage qu'elle va bientôt être mère. Quelques mois plus tard, Adrien naît, il est tout de suite retiré à sa mère et confié à Victoire.

Léonor de Récondo nous emmène dans une intimité qui dévoile la beauté et la magnificence du charnel et révèle l'amour aux personnages féminins du roman à qui tout avait été refusé jusqu'alors.

"Huguette, saisie par la beauté de cette musique, reste sur le pas de la porte avec son plateau. Elle écoute et, surtout, elle remarque la gravité du visage de Victoire, complètement absorbée par la délicatesse avec laquelle les notes sortent de ses mains. Poser doucement la pulpe de ses doigts sur la touche, appuyer juste ce qu'il faut pour en avoir l'âme blessée. Juste assez pour, en plein jour et à l'intérieur de soi, ouvrir la porte de la chambre de Céleste, assez pour écouter le piano égrener leur histoire, les devancer assez pour s'émouvoir d'avoir une âme sensible, une âme qu'elle découvre à peine. Se laisser porter par le flots des triolets. Ces notes enfermées dans une partition depuis de si longues années et qui, aujourd'hui, la révèlent profondément."

Autre titre du même auteur à retrouver sur ce blog : Pietra viva

dimanche 24 mai 2015

Daniel Keyes "Les mille et une vies de Billy Milligan"





 Livre fascinant dans lequel Daniel Keyes dresse le portrait de William Milligan arrêté fin des années 70, alors âgé d'une vingtaine d'années, pour vols, séquestrations et viols sur trois à quatre jeunes femmes. Face aux policiers, il nie avoir commis ces crimes. Très vite, il fait l'objet d'une expertise psychiatrique. William dit "Billy" est habité par vingt-quatre personnalités de sexe, d'âge et de caractère différents. Cette histoire n'est pas une fiction, Billy Milligan a réellement existé.

Dans sa préface, l'auteur annonce que son ouvrage se veut très factuel afin de répondre en toute objectivité à la question que tout le monde se pose : est-ce que Billy est vraiment habité par ses vingt-quatre personnalités ou joue-t-il la comédie pour ne pas être tenu responsable de ses crimes ? Au fil des pages, on se rend compte que Keyes est clairement en faveur de la première réponse. 
Les changements de personnalité de Billy sont très impressionnants, Billy est tout à tour David, jeune enfant vulnérable puis Ragen, homme agressif à l'accent yougoslave aguerri au combat et aux armes puis Arthur douée d'une intelligence hors du commun ayant développer des connaissances dans le domaine de la médecine. Billy a crée toute une organisation autour de ses "habitants", les différentes personnalités apparaissent à des moments opportuns en fonction de leurs compétences dans tel ou tel domaine, il y a aussi les indésirables qui ne prennent pas le projecteur, c'est-à-dire la conscience.

Plongée dans l'univers psychiatrique, Les mille et une vies de Billy Milligan est un livre très marquant qui ne laisse pas indifférent. 
Autre titre du même auteur Des fleurs pour Algernon à retrouver dans ce blog. 

Daniel Keyes a écrit Les mille et une guerres de Billy Milligan qui parle de la prise en charge psychiatrique de Billy.


Elise Fontenaille-N'Diaye "Blue book"


Blue book dévoile un pan méconnu de l'histoire : le premier génocide du XXe siècle orchestré par l'Allemagne dans l'actuelle Namibie. Les allemands décident de s'emparer des territoires des Namas et des Hereros implantés sur ces terres depuis des siècles. Ces peuples vont résister à l'invasion allemande en refusant de signer les traités cédant leurs terres et en s'opposant à l'oppression quotidienne des membres de leurs communautés. La résistance va finir dans un bain de sang : génocide, camps de concentration, viols, tortures, comme une répétition générale de la Shoah. 

Le Blue book est un recueil de témoignages des survivants écrit par Thomas O'Reilly, un jeune major britannique installé en Namibie en 1917. Tous les exemplaires du livre recouvert d'une toile bleue ont été détruits afin de dissimuler l'horreur, seul un exemplaire a été sauvé. Une nuit, en faisant des recherches sur Internet, Elise Fontenaille est tombée sur une version numérisée du Blue book, elle a choisi de reprendre son titre pour parler de ce génocide, son point de vue n'est pas celui d'une historienne mais celui d'une écrivaine bouleversée qui décide de faire connaître ce massacre.

Livre poignant à lire absolument.

Cet écrit prend la forme d'un récit. Elise Fontenaille a également publié un roman sur ce génocide : Eben ou les yeux de la nuit 



vendredi 8 mai 2015

Léonor de Récondo "Pietra viva"


1505. Michelangelo quitte Rome pour Carrare afin de choisir les marbres du tombeau qu'il doit sculpter pour le pape Jules II. C'est en homme solitaire, renfermé, en proie à ses démons intérieurs qu'il retourne à la terre des carriers, sa terre natale.  Au fil de son séjour, il se laisse approcher par différentes personnalités du village, Cavallino le fou qui se prend pour un cheval mais surtout Michele, enfant orphelin de mère dont l'innocence, la fragilité et l'affection finiront par briser la muraille que Michelangelo a dressé tout autour de lui.

A la manière du sculpteur travaillant inlassablement la pierre, on trouve dans l'écriture de Léonor de Récondo une exigence et une précision qui ne laissent rien au hasard. Plus roman initiatique qu'historique, Pietra viva est une histoire poétique au souffle puissant

"Le sculpteur, aux mains douées d'un rare pouvoir, n'est pas dupe et se plaît à dire à ses semblables : "Ne regardez pas mon visage, il est laid. Regardez plutôt mes mains ! Elles sont si puissantes qu'elles façonnent la réalité, qu'elles donnent vie à la pierre. Dans le sillon creusé par mon ciseau, les veines du marbres se gorgent de sang.""

jeudi 22 janvier 2015

Anne Percin "Les singuliers"


Anne Percin est a écrit deux romans publiés dans la collection La Brune au Rouergue. Elle est également auteur pour le jeunesse, notamment de la trilogie très drôle Comment bien rater ses vacances, à conseiller à des ados.

Les Singuliers est un roman épistolaire où l'on découvre la correspondance entre Hugo Boch et son entourage, notamment Hazel sa cousine et Tobias son meilleur ami d'enfance, tous trois, rapins, issus de la bourgeoisie belge de la fin du XIXe siècle.

Le père de Hugo est à la tête des faïences Villeroy & Boch. Hugo part à Pont-Aven rejoindre la communauté de peintres qui y réside, véritable acte de rébellion vis-à-vis de son père qui le destinait aux arts décoratifs pour devenir peintre sur faïence dans l'entreprise familiale.
Hazel est élève à l'académie Jullian à Paris. Au fil de ses lettres, on découvre ses revendications féministes très avant-gardistes.

La correspondance de ces jeunes gens rend compte d'une époque qui connaît de grands bouleversements : la grève des ouvriers pendant la construction de la Tour Eiffel en vue de l'exposition universelle de 1889, les meurtres à Londres commis par Jack l'éventreur, la grippe qui sévit en Europe à l'hiver 1890-1891.
On plonge dans le milieu artistique bouillonnant de l'époque à travers des personnages fictifs et réels comme Van Gogh et Gauguin auxquels Anne Percin rend un bel hommage. On apprend quelques anecdotes : saviez-vous que Gauguin, avant d'être le peintre que l'on connaît fut banquier et marin ? 
Ces échanges de lettres amènent une vraie réflexion sur la peinture : les sujets choisis, la nudité, la place des femmes, la reconnaissance par ses pairs.

Hugo, Hazel et Tobias sont singuliers dans leur émancipation, dans leur point de vue sur l'art. Ils veulent affirmer un style nouveau, se détacher de l'académisme, des impressionnistes, "ils sont de cette avant-garde qui veut peindre autrement, voir autrement et vivre autrement". Anne Percin dresse le portrait d'une jeunesse fougueuse en proie à ses doutes, intemporelle et universelle.


jeudi 4 septembre 2014

Joseph Kessel "Les mains du miracle"



Dans ce récit, Joseph Kessel retrace la relation particulière qu'entretenait Himmler, chef des SS avec son médecin Félix Kersten.

Le livre débute par le parcours étonnant de cet homme que rien ne destinait à la médecine. Issu d'un milieu bourgeois aisé, il vit une enfance heureuse et choyée dans son Estonie natale qu'il quitte pour entrer dans une école agronome allemande. Lorsque la première guerre mondiale éclate, il devient sous-officier dans l'armée finnoise. Détestant l'armée et n'ayant aucune terre pour exercer ses fonctions d'agronome, Félix Kersten choisit de se diriger vers la médecine et plus particulièrement vers le massage. Pourvu de larges mains charnues et d'une grande sensibilité au bout des doigts, sa destinée le conduit vers le docteur Kô, médecin-lama, expert en sciences de guérison chinoise et tibétaine, venu en Allemagne pour se former à la médecine occidentale. Pendant trois années, le jeune Kersten devient son élève. N'ayant aucune source de revenu, il exerce différents petits boulots pour subvenir à ses besoins et poursuivre ses études. Au bout de ces trois années, le docteur Kô regagne le Tibet et lègue à son disciple son portefeuille de clients. De par sa formation atypique, sa grande bonté et les résultats étonnants qu'il obtient, le docteur Kersten connaît un vif succès, il compte même de grands industriels et certaines personnalités telles que la reine de Hollande parmi ses patients.

Fin 1938, un ami et patient du docteur lui demande d'examiner Heinrich Himmler, refusant dans un premier temps, il finit par consentir à le voir. Le chef SS souffre d'atroces maux d'estomac qu'aucun médecin ne parvient à lui soigner. Kersten masse et soulage Himmler devenant ainsi le docteur miracle du Reichsführer. Ce dernier fait appel de plus en plus régulièrement à lui et le fait même suivre dans ses déplacements. Les séances de massage se déroulent dans la plus stricte intimité, le docteur est à chaque fois seul avec Himmler. Vulnérable dans la douleur et dépendant des doigts d'or de son bon docteur, Himmler accorde sa pleine confiance à Kersten qui saisit cette opportunité pour demander la libération de prisonniers, l'annulation de déportations, de condamnations à mort... Au fil des années, le médecin conscient de sa capacité à influer sur les décisions du chef SS sauve des millions de personnes de la barbarie nazie.
Un personnage trop méconnu de l'histoire qui méritait d'être mis en lumière, Kessel a rendu compte de cette histoire incroyable en 1960. Les mains du miracle n'a été réédité que cette année par Gallimard. A lire de toute urgence, livre magistral !

"Kersten, à qui plus d'une fois, Himmler avait fait confidence de ses rêves, les mit au service de ses desseins. Il le fit d'abord avec précaution, par crainte de dépasser la mesure. Mais il s'aperçoit très vite que, tout en se défendant pour la forme, Himmler était heureux de l'entendre. De douce violence en douce violence à la vanité du Reichsführer, Kersten finit par lui dire avec cette intonation persuasive que les psychiatres emploient pour les fous :
- On parlera de vous dans les siècles à venir comme du plus grand chef de la race allemande, comme d'un héros de la Germanie, l'égal des anciens chevaliers, l'égal de Henri l'Oiseleur. Mais souvenez-vous qu'ils ne devaient leur gloire à leur seule force et au seul courage. Ils la devaient aussi à leur justice et à leur générosité. Pour ressembler vraiment à ces paladins, à ces preux, il faut être, comme ils l'étaient, magnanime. En parlant de la sorte, Reichsführer, je pense à vous, dans les siècles de l'Histoire.
Et  Himmler, qui avait une confiance absolue dans les mains de Kersten parce qu'elles avaient su deviner et apaiser son mal physique, accordait foi, maintenant, à ses louanges, car elles découvraient et calmaient en même temps son mal psychique.
- Cher monsieur Kersten, disait-il, vous êtes mon seul ami, mon Bouddha, le seul qui sache me comprendre aussi bien que me soigner."



dimanche 17 août 2014

Lucia Puenzo "Wakolda"



1959. Argentine. Josef, un médecin nazi poursuivi par le Mossad fuit Buenos Aires, direction la Patagonie. Sur la route, il rencontre une famille qui part s'installer dans le sud pour reprendre une pension de famille à Bariloche. A la manière de Lolita de Nabokov, une relation mêlant séduction et perversité s'instaure entre Josef et la fille aînée, une pré-ado de 12 ans, atteinte de nanisme; une différence qui attire et fascine l'homme de façon malsaine de même que la grossesse de sa mère, enceinte de son quatrième enfant. 
A force de manipulation et de persuasion, le médecin obtient leur consentement et finit par les rendre à la fois complices et victimes d'horribles actes médicaux qu'ils exercent sur elles deux. Lilith et sa mère deviennent ses souris de laboratoire, de même que ses victimes sous l'Allemagne nazie. 

Si le début du roman est un peu lent comme pour accentuer la longue traversée du désert vers la Patagonie en voiture, patientez car au fil des pages se révèle une histoire bouleversante et dérangeante, Lucia Puenza décrit l'horreur avec pudeur, une lecture dont on ne ressort pas indemne.

Lilith ne détachait pas ses yeux du cahier. 
-C'est quoi ces dessins ?
-Quels dessins ? 
-Ceux de votre cahier.
Sa curiosité était trop forte. Lilith s'était dévoilée entièrement, car l'Allemand ne sortait jamais de sa chambre sans fermer la porte à clé. Et son cahier restait toujours dans le tiroir du secrétaire. 
-Comment sais-tu qu'il y a des dessins là-dedans ?
-Je les ai vus.
-Tu as la clé de cette pièce ?
-Non.
-Alors comment es-tu entrée ?
Lilith montra la fenêtre d'un signe de tête, le défiant du regard. Audacieuse, pensa Josef, enchanté par sa hardiesse . Il la punirait plus tard. 
-Qu'as-tu vu ?
-Je nous ai vus, nous... Ma famille.
 
Lucia Puenza est une écrivaine et réalisatrice argentine, elle a adapté son roman au cinéma sous le titre français Le médecin de famille dont voici la bande-annonce.

A écouter le reportage Des nazis en Patagonie de l'émission Interception sur France inter
L'article wikipédia sur le médecin nazi Josef Mengele connu sous le surnom d'Ange de la mort qui a inspiré ce roman

samedi 31 mai 2014

Susin Nielsen "Le journal malgré lui de Henry K. Larsen


Henry voit régulièrement Cécil, son psychologue depuis que ÇA s'est passé. ÇA est un terrible évènement qui a provoqué un cataclysme dans la famille de Henry. Cécil est un gros nul au look affreux à qui Henry est obligé de parler, il s'adresse donc à lui avec sa voix de robot : ""Je-ne-sais-pas. De-quoi-vous-parlez. Espèce d'humanoïde." Alors il [Cécil] finit par battre en retraite."
Son psy lui propose alors d'écrire dans un cahier. C'est à la lecture de ce cahier que l'on découvre l'horreur du drame qui a eu lieu et ses conséquences pour Henry et ses parents.

Ce roman m'a fait penser à Faire le mort de Stefan Casta ou Passer au rouge de Hélène Vignal. Susin Nielsen aborde ici des thèmes difficiles avec réalisme mais sans pathos, les personnages loin d'être idéalisés sont crédibles et très attachants. Les personnages secondaires trouvent toute leur place dans ce roman, ils vont être, chacun à leur manière, d'un grand soutien pour notre héros en souffrance, car Henry ne trouve pas toujours le réconfort attendu auprès de ses parents, eux-même en lutte contre leurs démons. Ne pas s'en tenir aux faits mais tenter de comprendre pourquoi et comment on en arrive là. Comment gérer la culpabilité ressentie ? Comment porter un acte que l'on n'a pas commis mais auquel tout le monde vous relie ? Susin Nielsen parle de tout cela avec brio.
Roman à partir de 14 ans.

mercredi 2 avril 2014

Barbara Constantine "Et puis, Paulette..."


Et puis, Paulette... Un titre énigmatique tout au long de la lecture de ce roman qui ne dévoile sa raison d'être qu'à la toute dernière page ! 
Barbara Constantine livre un petit bijou de lecture empreint de sensibilité et d'humanisme. Comme dans ses autres romans, elle brosse le portrait de classes populaires en milieu rural confrontées à des difficultés sociales, financières et familiales.
Il y a Ferdinand, retraité et veuf, empêtré dans sa difficulté à exprimer ses sentiments, Marceline et sa grande blessure en travers du cœur si longue à cicatriser, et puis Guy, qui doit apprendre à vivre sans Gaby, sa femme et partenaire de toute une vie, sans oublier les inséparables sœurs Lumière, Simone, 88 ans, et Hortense, 95 ans, qui par moment débloque complètement. 
Tous, avec leurs petits et grands soucis vont cohabiter dans la grande ferme de Ferdinand, leur colocation de "vieux" va s'ouvrir aux jeunes générations sur un échange de bons procédés : offre gîte, blanchisserie et couvert contre entretien du potager ou soins infirmiers. Une nouvelle famille de cœur se constitue et s'organise.
Le retour aux choses simples, la terre, les animaux, l'écologie, le partage, l'entraide, la solidarité et les liens intergénérationnels sont des thèmes récurrents dans les romans de Barbara Constantine, comme pour nous rappeler que l'essentiel est là. On rit et on pleure à la lecture de cette histoire légèrement enjolivée mais si touchante. 

"Et Simone s'est bouché les oreilles en murmurant : Ça y est, elle recommence à débloquer, quand elle s'est mise à chanter à tue-tête : Aïm ségué aine ze rêne,  aïm ségué aine ze rêne, ouate e biou tiful fi léne, aïm rapi e gaine... Un hommage au film qu'elle ne ratait sous aucun prétexte quand il passait à la télé, au moment de Noël. Elle n'avait jamais très bien compris l'histoire, ni ce qu'ils baragouinaient dans leurs chansons, mais ça lui plaisait bien que des gens se mettent à danser et à chanter sous la pluie en ayant l'air content. Elle trouvait ça épatant. On voyait jamais personne faire ça dans la vraie vie. A part les enfants. Et encore, fallait pas que les parents soient dans les parages..."

dimanche 9 février 2014

Elise Fontenaille "Les trois soeurs et le dictateur"


Tout comme dans son roman Le garçon qui volait des avions, Elise Fontenaille met en scène des personnages qui ont réellement existé, plutôt méconnus en France et au destin hors du commun. 

Dans son dernier livre, elle a donc choisi de raconter l'histoire des sœurs Mirabal entrées en résistance contre le régime de terreur de Trujillo en République Dominicaine de 1930 à 1961.

La narratrice est une jeune californienne de 16 ans, petite fille de Minerva Mirabal, elle vient pour la première fois en République Dominicaine et y fait la connaissance de sa grand-tante qui va lui raconter l'histoire de ses trois sœurs.

Minerva Mirabal est adolescente lorsque le dictateur Trujillo l'a remarque. Son destin et celui de sa famille sont désormais entre les mains de ce fou sanguinaire et tout va se jouer aux dés, heureusement le sort est en faveur de la jeune fille mais pas pour longtemps...

Impossible de lâcher ce court roman de 71 pages. On en ressort muet d'admiration pour ces trois résistantes qui ont trouvé le courage de lutter contre l'inacceptable.

"Un jour, il n'est pas venu au rendez-vous... personne ne savait où il était passé. Ni Minerva, ni mon cousin, ni ses parents, ni ses camarades d'université...
Un mois plus tard, on a retrouvé son corps dans un fossé, affreusement torturé.
Quand elle a appris la nouvelle, Minerva a couru s'enfermer dans sa chambre. Elle n'en ai sortie que le lendemain, les yeux secs.
-J'aurais préféré qu'elle pleure, a dit maman, là je sens que quelque chose de terrible va nous arriver.
C'est à dater de ce jour - La mort de Pericles  - que Minerva est vraiment entrée en résistance."


dimanche 22 décembre 2013

J. M. G. Le Clézio "Le chercheur d'or"


Alexis a 8 ans lorsqu'il assiste à l’effondrement des projets familiaux. 1892, un terrible cyclone s'abat sur Maurice détruisant la turbine dans laquelle son père avait placé les derniers deniers de la famille en vue d'électrifier une partie de l'île. Ils sont contraints d'abandonner le domaine du Boucan où ils vivent. 
Cette tragédie est le point de départ d'une vie chahutée pour le garçon devenu jeune homme, il n'aura de cesse de retrouver sa vie d'antan au Boucan. Alexis poursuit les rêves les plus fous de son père et part en quête d'un trésor de corsaire à Rodrigues où il rencontrera Ouma.
Ode à la nature et à l'amour, Le Chercheur d'or est un livre magnifique où il est question de solitude, d'orgueil et de nostalgie. Alexis, parviendra-t-il à faire le deuil de son enfance au Boucan ?

lundi 25 novembre 2013

Isabelle Pandazopoulos "La Décision"



Ouch ! Une fois ouvert, difficile de refermer ce livre coup de poing !  

Cours des maths pour la classe de terminale S. Louise se sent mal, elle quitte le cours et se rend aux toilettes du lycée où elle donne naissance à un petit garçon. Déni de grossesse. La nouvelle tombe comme un couperet. Personne ne s'était rendu compte de cette grossesse, pas même Louise. Lorsqu'on lui demande qui est le père, Louise affirme qu'elle n'a jamais eu de relations sexuelles avec qui que se soit. Son affirmation est si invraisemblable... Louise dit-elle la vérité ?
Cette histoire est racontée à plusieurs voix, Louise, sa mère, son père, la psychologue, l'éducatrice, ses amis... Isabelle Pandazopoulos aborde avec un ton juste et beaucoup de délicatesse des sujets complexes. 

A partir de 14-15 ans.
A lire, le premier roman de Isabelle Pandazopoulos, On s'est juste embrassés

Alain Poirier, proviseur.
[...] Quand on est arrivés dans les toilettes, j'ai dit à Samuel de rejoindre ses camarades de classe. J'ai fermé cette porte et je me suis approché. 
J'ai vu sa main qui gisait inerte sur le sol et dans son sang. J'ai repoussé aussi loin que j'ai pu la panique que j'ai sentie monter, j'étais pris de vertiges, j'ai sorti le petit canif que j'ai toujours sur moi et je l'ai glissé dans le chambranle de la porte pour faire sauter le loquet. Je n'arrêtais pas de parler, de l'appeler, de lui dire ne pas s'inquiéter, que je m'occupais de tout, je m'entendais respirer, souffler, mon cœur cognait dans ma poitrine, dans ma tête, mes mains tremblaient contre ma volonté. Il m'a fallu enlever la porte de ses gonds, le corps de Louise bloquait l'entrée. Je l'ai fait, je l'ai posée dans un coin, je me suis retournée et puis j'ai vu. 
Cette petite chose qu'elle avait sur son ventre. 
Un bébé. 
Je me suis assis à côté d'eux. J'ai pris leur pouls. Ils étaient vivants. La mère et l'enfant. Louise avait dû s'évanouir. J'ai passé un peu d'eau sur son visage mais ça ne servait à rien. Je me sentais inutile. Je n'osais pas... Je me suis mis à pleurer. Et puis j'ai pris l'enfant dans mes bras et je l'ai serré contre moi pour le réchauffer. J'ai entendu son cœur battre contre le mien. Je ne pensais plus à rien. Pendant quelques instants, la seule chose qui a compté, alors que j'étais assis par terre dans les toilettes, les mains pleines de sang, c'est de sentir que cet enfant vivait."

lundi 11 novembre 2013

Johan Harstad "172 heures sur la Lune"




La NASA lance un grand concours destinés aux 14-18 ans à travers le monde pour gagner un séjour de 172 heures sur la lune en compagnie d'astronautes chevronnés. Des millions de jeunes tentent leur chance. Les grands gagnants sont : Mia, 16 ans, norvégienne; Midori, 16 ans, japonaise et Antoine, 17 ans, français. Ils quittent leur pays pour suivre un entraînement de trois mois à Houston avant le décollage de la fusée. 

Difficile de parler de ce roman sans trop en dévoiler... Le résumé, la couverture et le thème laisse penser qu'on est en plein dans un univers de science-fiction, pourtant 172 heures sur la Lune n'est pas un roman de SF pur, des phénomènes paranormaux vont apparaître au fil des pages de ce roman haletant. 
L'écriture souffre de quelques répétitions et longueurs, les 200 premières pages sont un peu laborieuses, mais accrochez-vous, vous ne serez pas déçus par ce livre inspiré de faits réels totalement prenant et angoissant. 

A partir de 13-14 ans.

"Et les uns à la suite des autres, l'équipage s'extirpa du module et descendit sur la surface de la Lune. Midori avait toutes les peines du monde à trouver un appui stable. La combinaison qui lui paraissait énorme, compliquait la locomotion. A chaque mouvement, elle était obligée de donner à son corps les instructions sur ce qu'il devait entreprendre, mais il ne semblait pas en état de suivre ses ordres. Tout à coup, elle sentit une main empoigner son talon et la guider au bas de l'échelle tout en entendant dans l'intercom Nadolski lui dire " Je te tiens". La minute suivante, elle avait les deux pieds solidement plantés dans la poussière grise."

dimanche 27 octobre 2013

Stéphane Servant "Le coeur des louves"

Stéphane Servant a écrit beaucoup d'albums pour enfants et quelques romans pour adolescents. Le cœur des louves est son dernier roman publié dans la collection DoAdo mais il aurait aussi bien pu paraître dans la Brune, collection au Rouergue pour les adultes. 

La couverture représente bien l'ambiance de ce roman sombre se déroulant au cœur des montagnes sauvages et entre les vieilles pierres d'un village où se logent des secrets enfouis depuis des années.
Célia a 15 ans, elle arrive seule dans le village où vécut sa grand-mère et qui a vu grandir sa mère, devenue une célèbre écrivaine. De page en page, on découvre l'histoire de ces trois générations de femmes au destin lié, un lourd héritage pour Célia qui va devoir dénouer un à un les fils de ce passé flou. Stéphane Servant est un formidable conteur à l'écriture précise, on se laisse guider et on plonge dans les 500 pages de ce roman peuplé de loups et de croyances.

"Nous cherchons tous à nous libérer du passé. Nous tentons, jour après jour, de graver par-dessus ce qui été gravé [...] Mais les fantômes ne reviennent pas. Ils dansent à la périphérie de notre vision et jamais nous ne pourrons les ramener dans nos bras. Le passé est un mausolée inaccessible. On peut tenter de le comprendre. En apprécier les formes, les dimensions, le sens. Mais il nous est interdit d'y pénétrer. Sous peine de nous perdre et d'errer sans fin dans un labyrinthe de doutes à la poursuite de ceux qui reposent là sans jamais parvenir à les rattraper. Non, c'est du futur qu'il faut se libérer, Catherine. Se libérer maintenant. Il te semblera que les chaînes sont lourdes comme des siècles. Mais il suffit de regarder devant pour les sentir se disloquer. La peur du vide nous empêche d'être au monde."

A partir de 15 ans.

dimanche 4 août 2013

R. J. Palacio "Wonder"


Deux couvertures pour ce livre publié chez Fleuve noir et chez Pocket junior. 
Livre pour lequel j'ai un peu hésité à publier ce billet... sans doute parce qu'il est marqué par une morale bien pensante propre à la culture américaine plutôt agaçante. Mais il faut dire aussi que lorsque je l'ai ouvert, je n'ai pas pu le refermer.

August joue au ballon, fait du vélo, mange des glaces comme tous les enfants de son âge pourtant il n'est pas un garçon ordinaire. Atteint d'une malformation faciale, son visage suscite regards, attitudes de gêne et de rejet. 
Ayant dû subir de nombreuses interventions chirurgicales dès son plus jeune âge entraînant à chaque fois des hospitalisations, August n'a jamais été à l'école, c'est sa mère qui lui donne des cours à la maison. La prochaine opération étant prévue dans 2 ou 3 ans les parents d'August lui propose d'aller dans un collège pour son entrée en 6e. 
L'entrée au collège est toujours un cap un peu difficile qui marque la fin de l'enfance vers l'adolescence, pour August, les épreuves seront doubles. Les élèves de son collège iront jusqu'à inventer la peste, maladie que l'on contracte si l'on touche August ou un objet que August a touché.
Ce roman est bouleversant, chacun des personnages (August, sa mère, sa sœur, ses copains) deviennent tour à tour les narrateurs de ce livre et donnent leur point de vue, les difficultés que eux aussi rencontrent (pas facile d'être rejeté par les autres parce qu'on est l'ami, la sœur du "monstre"). On est touché par la bienveillance des parents et de la sœur d'August bien que ce soit un chouilla enjolivé. 
Pas facile d'être différent, August est loin de correspondre aux canons de beauté qui plus est à un âge où il faut être populaire dans son collège en soignant son apparence (tenue vestimentaires, cheveux, maquillage, attitude...)

A partir de 11-12 ans.

Olivia la sœur d'August :
"J'ai toujours accepté le fait qu'August est spécial et qu'il a des besoins particuliers. Si je faisais trop de bruit en jouant et qu'il était l'heure pour lui de faire la sieste, je savais qu'il fallait que j'aille jouer ailleurs. Après ses opérations, il se sentait faible, il avait mal et il lui fallait du repos. Si je voulais que papa et maman viennent voir mon match de foot, je savais qu'il y avait neuf chances sur dix pour qu'ils ne puissent pas se libérer, August devant être conduit, par exemple, chez l'orthophoniste ou à l'hôpital pour une nouvelle intervention.[...] C'est comme ça que j'ai pris l'habitude de ne jamais me plaindre. J'ai aussi appris à ne pas déranger papa et maman pour des petites choses."



dimanche 12 mai 2013

Daniel Keyes "Des fleurs pour Algernon"






Pourquoi n'avais-je pas encore lu ce classique de la science-fiction écrit dans les années 60 ? Roman magistral à lire de toute urgence si vous ne le connaissez pas.
Une équipe de scientifiques a réalisé des tests sur une souris. Une intervention médicale a permis de décupler son intelligence. L'équipe veut désormais tenter l'expérience sur l'humain. Ils font appel à Charlie Gordon, déficient mental. Charlie va développer d'incroyables capacités intellectuelles. Il s'éveille à tout ce qui l'entoure et comprend bien des choses sur son passé, sa famille.
Pour apprécier chaque page de ce livre, ne lisez pas la quatrième de couverture qui en dit beaucoup trop, ni la dernière page du livre qui vous révèlera tout.
Tout jusque dans l'écriture stylistique retranscrit l'état de Charlie, ses émotions, son intellect, sa maturité et fait de ce livre un roman très émouvant.

"Conte randu N°1

3 mars. Le Dr Strauss dit que je devez écrire tout ce que je panse et que je me rapèle et tout ce qui marive à partir de mintenan. Je sait pas pourquoi mais il dit que ces un portan pour qu'ils voie si ils peuve mutilisé. J'espaire qu'ils mutiliserons pas que Miss Kinnian dit qu'ils peuve peut-être me rendre un télijan. Je m'apèle Charlie Gordon et je travail à la boulangerie Donner. Mr Donner me donne 11 dolar par semène et du pain et des gâteau si j'en veut. J'ai 32 ans et mon aniversère est le mois prochain. J'ai dit au Dr Strauss et au proféseur Nemur que je sait pas bien écrire mes il dit que sa fait rien il dit que je dois écrire come je parle et come j'écrit les composisions dans la clase de Miss Kinnian au cours d'adultes atardé du colege Bikman où je vait 3 fois par semène à mes heure de liberté. Le Dr Strauss dit d'écrire bocou tou ce que je panse et tou ce qui m'arive mes e peux pas pansé plus pasque j'ait plus rien à écrire et je vais marété pour ojourdhui."

dimanche 5 mai 2013

Barbara Kingsolver "L'arbre aux haricots"


Il y a des auteurs comme Barbara Kingsolver qui reviennent régulièrement dans ce blog. Il y a une force dans l'écriture de cette femme qui embarque le lecteur dans un ailleurs, en refermant le livre, on est ébranlé. Avec Les yeux dans les arbres, elle nous offrait un voyage au Congo. 
Dans ce roman, nous sommes aux États-Unis. Marietta, une vingtaine d'année, quitte sa mère et son Kentucky natal où toutes les filles se retrouvent enceintes avant même de connaître leurs tables de multiplication, direction l'ouest, une nouvelle vie commence dans laquelle elle va s'appeler Taylor. 
Alors qu'elle traverse l'Oklahoma et s'arrête sur la parking d'un bar miteux, une femme lui confie une petite indienne âgée d'environ un an ou deux. L'arrivée de Turtle (parce qu'elle s'agrippe à elle comme une tortue) va totalement bousculer les certitudes de la jeune femme. 
Sous des dehors fantaisistes, Barbara Kingsolver aborde des thèmes profonds qui font osciller le lecteur entre rires et larmes. Taylor qui fuyait une maternité précoce se retrouve mère malgré elle. Au fil de ses rencontres, elle va découvrir la violence de ce monde et sortir de l'enfance. A force de courage et d'amour elle va surmonter une à une les épreuves qui se présentent à elles.

La suite des aventures de Taylor et Turtle dans "Les cochons au paradis"

"Mais sur cette terre rien n'est garanti, si on réfléchit bien, tu crois pas ? J'ai beaucoup pensé à tout ça. Tes enfants, ils sont pas vraiment à toi, c'est juste des gens dont tu essaies de t'occuper, en espérant que plus tard ils continueront à t'aimer et qu'ils seront toujours entiers. Ce que je veux dire, c'est que tout ce qu'on a, c'est comme un prêt, tu comprends ?
- Ouais. Comme les livres de bibliothèque. Tôt ou tard, il faudra les ramener."


jeudi 25 avril 2013

Johan Héliot série "Le Tempestaire", T.1 "La confrérie des naufrageurs"


La confrérie des naufrageurs est le premier tome d'une tétralogie fantastique remarquable.  

Nous sommes à Rédemption, ville portuaire où suinte la misère, la crasse et s'organise le trafic en tout genre, une ville dans laquelle pourrait évoluer Grenouille, le personnage de Süskind dans Le Parfum. Haggis est un personnage très influent et fortement redouté des habitants de Rédemption. Il tient une maison qui abrite des enfants abandonnés dès leur plus jeune âge par leurs parents, ces enfants possèdent tous un don qui se révèle vers l'âge de 12 ans mais que seul Haggis peut détecter très tôt. Jed est un tempestaire, il a le don de déclencher des tempêtes. Du statut de cadet, lui et ses amis vont devoir passer les terribles épreuves imposées par Haggis pour prétendre à la position d'aînés de la maison.
Johan Héliot avec son écriture ciselée, documentée, embarque ses lecteurs à bord d'un univers marin, venteux et envoûtant...
Dès 13 ans.

"Il demeura longtemps immobile, à scruter sa cible, s'imprégnant des moindres détails à mesure qu'elle se rapprochait. Entre ses mains, son fusil devint peu à peu le prolongement naturel de son corps. Le soleil finit par s'engloutir de l'autre côté du monde, jetant ses derniers feux sur l'océan comme on aurait lancé une poignée de poudre d'or à la surface d'un miroir ".