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dimanche 21 décembre 2014

Sarah Turoche-Dromery "Martin gaffeur tout-terrain"


Un nouveau titre de la très bonne collection "En voiture Simone" chez Thierry Magnier.

Martin 16 ans et son frère Sam 13 ans vont rejoindre leurs parents à Rome pour le mariage de leur cousin. 
Martin, comme le titre du livre l'indique est le roi de la gaffe, il a l'art de toujours se mettre dans des situations trèèès compliquées ! Les galères commencent dès le premier jour avec quelques ratés sur le départ en avion puis ils enchaînent les problèmes : perte de leurs bagages, soirée techno-gothico glauque, accident de voiture... Arriveront-ils à temps au mariage ? Ce court roman de 90 pages est hilarant, à lire dès 10 ans et plus car il plaira sans nul doute aux plus grands.

Sam et Martin se rendent à toute berzingue à l'aéroport d'Orly prendre leur avion, petit extrait :

"On se faufile au milieu des touristes et on se place dans la queue de l'Orlybus. Je jette un œil à ma montre. Ça va. L'embarquement se termine d'ici cinquante minutes et le temps du trajet est estimé à une demi-heure. sans embouteillage. Je réfléchis quand à prendre le RER B puis l'Orlyval. Tiens, au fait, c'est Orly Sud ou Orly Ouest notre terminal ?
-Martin ? C'est quel terminal ?
Il sort les billets. Il y a un peu de sang séché sur la pochette.
-Attends, je regarde.
c'est notre tour. Martin déchiffre les indications sur le billet comme si c'était écrit en chinois. Le chauffeur s'impatiente. Je lui adresse un sourire complice pour bien lui signifier que je ne suis ni responsable ni totalement solidaire de l'énergumène derrière moi, quand :
-Stop !
Mon frère m'attrape le bras.
-Qu'est-ce qu'il y a encore ?
-C'est pas Orly. Je me suis gouré.
-Comment ça c'est pas Orly ?
-Non, c'est Roissy. Je me suis trompé d'aéroport.
-Mais t'es vraiment un crétin des Alpes ! j'explose.
-Crétin toi-même ! me renvoie Martin. Parce que toi tu as vérifié peut-être, adjudant chef de mes deux !
-Et c'est qui le "Grand Voyageur", le "Pro de la Route ?"

samedi 31 mai 2014

Susin Nielsen "Le journal malgré lui de Henry K. Larsen


Henry voit régulièrement Cécil, son psychologue depuis que ÇA s'est passé. ÇA est un terrible évènement qui a provoqué un cataclysme dans la famille de Henry. Cécil est un gros nul au look affreux à qui Henry est obligé de parler, il s'adresse donc à lui avec sa voix de robot : ""Je-ne-sais-pas. De-quoi-vous-parlez. Espèce d'humanoïde." Alors il [Cécil] finit par battre en retraite."
Son psy lui propose alors d'écrire dans un cahier. C'est à la lecture de ce cahier que l'on découvre l'horreur du drame qui a eu lieu et ses conséquences pour Henry et ses parents.

Ce roman m'a fait penser à Faire le mort de Stefan Casta ou Passer au rouge de Hélène Vignal. Susin Nielsen aborde ici des thèmes difficiles avec réalisme mais sans pathos, les personnages loin d'être idéalisés sont crédibles et très attachants. Les personnages secondaires trouvent toute leur place dans ce roman, ils vont être, chacun à leur manière, d'un grand soutien pour notre héros en souffrance, car Henry ne trouve pas toujours le réconfort attendu auprès de ses parents, eux-même en lutte contre leurs démons. Ne pas s'en tenir aux faits mais tenter de comprendre pourquoi et comment on en arrive là. Comment gérer la culpabilité ressentie ? Comment porter un acte que l'on n'a pas commis mais auquel tout le monde vous relie ? Susin Nielsen parle de tout cela avec brio.
Roman à partir de 14 ans.

dimanche 9 février 2014

Elise Fontenaille "Les trois soeurs et le dictateur"


Tout comme dans son roman Le garçon qui volait des avions, Elise Fontenaille met en scène des personnages qui ont réellement existé, plutôt méconnus en France et au destin hors du commun. 

Dans son dernier livre, elle a donc choisi de raconter l'histoire des sœurs Mirabal entrées en résistance contre le régime de terreur de Trujillo en République Dominicaine de 1930 à 1961.

La narratrice est une jeune californienne de 16 ans, petite fille de Minerva Mirabal, elle vient pour la première fois en République Dominicaine et y fait la connaissance de sa grand-tante qui va lui raconter l'histoire de ses trois sœurs.

Minerva Mirabal est adolescente lorsque le dictateur Trujillo l'a remarque. Son destin et celui de sa famille sont désormais entre les mains de ce fou sanguinaire et tout va se jouer aux dés, heureusement le sort est en faveur de la jeune fille mais pas pour longtemps...

Impossible de lâcher ce court roman de 71 pages. On en ressort muet d'admiration pour ces trois résistantes qui ont trouvé le courage de lutter contre l'inacceptable.

"Un jour, il n'est pas venu au rendez-vous... personne ne savait où il était passé. Ni Minerva, ni mon cousin, ni ses parents, ni ses camarades d'université...
Un mois plus tard, on a retrouvé son corps dans un fossé, affreusement torturé.
Quand elle a appris la nouvelle, Minerva a couru s'enfermer dans sa chambre. Elle n'en ai sortie que le lendemain, les yeux secs.
-J'aurais préféré qu'elle pleure, a dit maman, là je sens que quelque chose de terrible va nous arriver.
C'est à dater de ce jour - La mort de Pericles  - que Minerva est vraiment entrée en résistance."


lundi 25 novembre 2013

Isabelle Pandazopoulos "La Décision"



Ouch ! Une fois ouvert, difficile de refermer ce livre coup de poing !  

Cours des maths pour la classe de terminale S. Louise se sent mal, elle quitte le cours et se rend aux toilettes du lycée où elle donne naissance à un petit garçon. Déni de grossesse. La nouvelle tombe comme un couperet. Personne ne s'était rendu compte de cette grossesse, pas même Louise. Lorsqu'on lui demande qui est le père, Louise affirme qu'elle n'a jamais eu de relations sexuelles avec qui que se soit. Son affirmation est si invraisemblable... Louise dit-elle la vérité ?
Cette histoire est racontée à plusieurs voix, Louise, sa mère, son père, la psychologue, l'éducatrice, ses amis... Isabelle Pandazopoulos aborde avec un ton juste et beaucoup de délicatesse des sujets complexes. 

A partir de 14-15 ans.
A lire, le premier roman de Isabelle Pandazopoulos, On s'est juste embrassés

Alain Poirier, proviseur.
[...] Quand on est arrivés dans les toilettes, j'ai dit à Samuel de rejoindre ses camarades de classe. J'ai fermé cette porte et je me suis approché. 
J'ai vu sa main qui gisait inerte sur le sol et dans son sang. J'ai repoussé aussi loin que j'ai pu la panique que j'ai sentie monter, j'étais pris de vertiges, j'ai sorti le petit canif que j'ai toujours sur moi et je l'ai glissé dans le chambranle de la porte pour faire sauter le loquet. Je n'arrêtais pas de parler, de l'appeler, de lui dire ne pas s'inquiéter, que je m'occupais de tout, je m'entendais respirer, souffler, mon cœur cognait dans ma poitrine, dans ma tête, mes mains tremblaient contre ma volonté. Il m'a fallu enlever la porte de ses gonds, le corps de Louise bloquait l'entrée. Je l'ai fait, je l'ai posée dans un coin, je me suis retournée et puis j'ai vu. 
Cette petite chose qu'elle avait sur son ventre. 
Un bébé. 
Je me suis assis à côté d'eux. J'ai pris leur pouls. Ils étaient vivants. La mère et l'enfant. Louise avait dû s'évanouir. J'ai passé un peu d'eau sur son visage mais ça ne servait à rien. Je me sentais inutile. Je n'osais pas... Je me suis mis à pleurer. Et puis j'ai pris l'enfant dans mes bras et je l'ai serré contre moi pour le réchauffer. J'ai entendu son cœur battre contre le mien. Je ne pensais plus à rien. Pendant quelques instants, la seule chose qui a compté, alors que j'étais assis par terre dans les toilettes, les mains pleines de sang, c'est de sentir que cet enfant vivait."

lundi 11 novembre 2013

Johan Harstad "172 heures sur la Lune"




La NASA lance un grand concours destinés aux 14-18 ans à travers le monde pour gagner un séjour de 172 heures sur la lune en compagnie d'astronautes chevronnés. Des millions de jeunes tentent leur chance. Les grands gagnants sont : Mia, 16 ans, norvégienne; Midori, 16 ans, japonaise et Antoine, 17 ans, français. Ils quittent leur pays pour suivre un entraînement de trois mois à Houston avant le décollage de la fusée. 

Difficile de parler de ce roman sans trop en dévoiler... Le résumé, la couverture et le thème laisse penser qu'on est en plein dans un univers de science-fiction, pourtant 172 heures sur la Lune n'est pas un roman de SF pur, des phénomènes paranormaux vont apparaître au fil des pages de ce roman haletant. 
L'écriture souffre de quelques répétitions et longueurs, les 200 premières pages sont un peu laborieuses, mais accrochez-vous, vous ne serez pas déçus par ce livre inspiré de faits réels totalement prenant et angoissant. 

A partir de 13-14 ans.

"Et les uns à la suite des autres, l'équipage s'extirpa du module et descendit sur la surface de la Lune. Midori avait toutes les peines du monde à trouver un appui stable. La combinaison qui lui paraissait énorme, compliquait la locomotion. A chaque mouvement, elle était obligée de donner à son corps les instructions sur ce qu'il devait entreprendre, mais il ne semblait pas en état de suivre ses ordres. Tout à coup, elle sentit une main empoigner son talon et la guider au bas de l'échelle tout en entendant dans l'intercom Nadolski lui dire " Je te tiens". La minute suivante, elle avait les deux pieds solidement plantés dans la poussière grise."

dimanche 27 octobre 2013

Stéphane Servant "Le coeur des louves"

Stéphane Servant a écrit beaucoup d'albums pour enfants et quelques romans pour adolescents. Le cœur des louves est son dernier roman publié dans la collection DoAdo mais il aurait aussi bien pu paraître dans la Brune, collection au Rouergue pour les adultes. 

La couverture représente bien l'ambiance de ce roman sombre se déroulant au cœur des montagnes sauvages et entre les vieilles pierres d'un village où se logent des secrets enfouis depuis des années.
Célia a 15 ans, elle arrive seule dans le village où vécut sa grand-mère et qui a vu grandir sa mère, devenue une célèbre écrivaine. De page en page, on découvre l'histoire de ces trois générations de femmes au destin lié, un lourd héritage pour Célia qui va devoir dénouer un à un les fils de ce passé flou. Stéphane Servant est un formidable conteur à l'écriture précise, on se laisse guider et on plonge dans les 500 pages de ce roman peuplé de loups et de croyances.

"Nous cherchons tous à nous libérer du passé. Nous tentons, jour après jour, de graver par-dessus ce qui été gravé [...] Mais les fantômes ne reviennent pas. Ils dansent à la périphérie de notre vision et jamais nous ne pourrons les ramener dans nos bras. Le passé est un mausolée inaccessible. On peut tenter de le comprendre. En apprécier les formes, les dimensions, le sens. Mais il nous est interdit d'y pénétrer. Sous peine de nous perdre et d'errer sans fin dans un labyrinthe de doutes à la poursuite de ceux qui reposent là sans jamais parvenir à les rattraper. Non, c'est du futur qu'il faut se libérer, Catherine. Se libérer maintenant. Il te semblera que les chaînes sont lourdes comme des siècles. Mais il suffit de regarder devant pour les sentir se disloquer. La peur du vide nous empêche d'être au monde."

A partir de 15 ans.

dimanche 13 octobre 2013

Annelise Heurtier "Sweet sixteen"





Sweet sixteen est une locution pour parler du seizième anniversaire d'une jeune fille, évènement important dans la culture américaine qui marque le passage vers l'âge adulte. Un anniversaire loin d'être doux pour Molly. Fin des années 50, les États-Unis sont divisés entre les ségrégationnistes et les progressistes. Molly et huit lycéens noirs intègrent pour la première fois un établissement scolaire réservé aux blancs. Ils vont devoir affronter le rejet, les brimades,les humiliations et les insultes. 

Roman court inspiré de faits réels, Sweet sixteen est une histoire à deux voix, celle de Molly dont le quotidien vire à l'enfer et celui de Grace, élève blanche dans la même classe qu'elle, à prime abord plus intéressée par les garçons et par sa garde-robe mais qui au fil des pages va entrer en résistance. Évitant tout manichéisme, ce roman met en lumière les difficultés que chacun peut rencontrer dans une société sclérosée, bâtie sur des acquis infondés. Mais rien n'est immuable, Molly s'imagine qu'un jour le président des États-Unis sera peut-être noir, et pourquoi pas ? Les étudiants devenus septuagénaires ont été invités par Barack Obama lors de la soirée de son investiture en 2008.

"-Mais regardez-la, souffla Brook en secouant la tête. Mais regardez comme elle est habillée ! Et ses cheveux  ?
Dorothy pouffa. On n'avait pas idée d'avoir des cheveux pareils
Judy murmura :
-Vous exagérez, je ne la trouve pas si moche, moi...
Brook et Dorothy se retournèrent brusquement. Brook demanda en articulant exagérément, comme elle se serait adressée à une attardée :
-Pardon ?
Judy rougit si fort que Grace en eut pitié pour elle. Elle répondit à sa place pour détourner l'attention :
-Il est presque dix heures, ça ne va pas tarder à sonner. Vous croyez qu'elle va venir en sport avec nous ?
Un flash traversa les yeux de Dorothy :
-Elle ne va quand même pas utiliser nos douches... et nos toilettes ? 
Brook secoua ses boucles :
-Impossible ! C'est interdit par la loi !
-C'est vrai, depuis le temps, ils auraient pu en construire d'autres, pointa Grace en entendant la sonnerie"

mardi 13 août 2013

Tom Angleberger "L'étrange cas Origami Yoda"






Imaginez que vous soyez en sixième et que votre copain Dennis se balade dans tout le collègue avec une marionnette de papier à l’effigie de Yoda, prodiguant divers conseils aux uns et aux autres. Dennis c'est sans aucun doute le type le plus bizarre que Tommy ait jamais connu. Pas facile d'être populaire au collège notamment auprès des filles les soirs de bal avec ce drôle de garçon à ses côtés...
Faut-il écouter les prédictions et les conseils d'origami Yoda ? Un grand débat sépare le collège entre les pro et les anti Yoda. Ce petit bout de papier plié au bout du doigt de Dennis, ne serait-il pas un prétexte pour prendre confiance en soi et se lancer ?

Chaque chapitre est le récit d'un collégien sur son expérience auprès de Maître Yoda. Ce roman plaira sans aucun doute aux fans de "Journal d'un dégonflé". On y retrouve le même univers, un peu les mêmes thèmes, un texte aéré entrecoupé de commentaires et de petits dessins qui facilitent la lecture.

"Lire ce livre tu dois ! Trop drôle il est. Bien rigoler tu vas. Ne plus t'arrêter tu vas !"

A partir de 11 ans. 

Et pour ceux qui souhaitent réaliser un yoda en origami : 





dimanche 4 août 2013

R. J. Palacio "Wonder"


Deux couvertures pour ce livre publié chez Fleuve noir et chez Pocket junior. 
Livre pour lequel j'ai un peu hésité à publier ce billet... sans doute parce qu'il est marqué par une morale bien pensante propre à la culture américaine plutôt agaçante. Mais il faut dire aussi que lorsque je l'ai ouvert, je n'ai pas pu le refermer.

August joue au ballon, fait du vélo, mange des glaces comme tous les enfants de son âge pourtant il n'est pas un garçon ordinaire. Atteint d'une malformation faciale, son visage suscite regards, attitudes de gêne et de rejet. 
Ayant dû subir de nombreuses interventions chirurgicales dès son plus jeune âge entraînant à chaque fois des hospitalisations, August n'a jamais été à l'école, c'est sa mère qui lui donne des cours à la maison. La prochaine opération étant prévue dans 2 ou 3 ans les parents d'August lui propose d'aller dans un collège pour son entrée en 6e. 
L'entrée au collège est toujours un cap un peu difficile qui marque la fin de l'enfance vers l'adolescence, pour August, les épreuves seront doubles. Les élèves de son collège iront jusqu'à inventer la peste, maladie que l'on contracte si l'on touche August ou un objet que August a touché.
Ce roman est bouleversant, chacun des personnages (August, sa mère, sa sœur, ses copains) deviennent tour à tour les narrateurs de ce livre et donnent leur point de vue, les difficultés que eux aussi rencontrent (pas facile d'être rejeté par les autres parce qu'on est l'ami, la sœur du "monstre"). On est touché par la bienveillance des parents et de la sœur d'August bien que ce soit un chouilla enjolivé. 
Pas facile d'être différent, August est loin de correspondre aux canons de beauté qui plus est à un âge où il faut être populaire dans son collège en soignant son apparence (tenue vestimentaires, cheveux, maquillage, attitude...)

A partir de 11-12 ans.

Olivia la sœur d'August :
"J'ai toujours accepté le fait qu'August est spécial et qu'il a des besoins particuliers. Si je faisais trop de bruit en jouant et qu'il était l'heure pour lui de faire la sieste, je savais qu'il fallait que j'aille jouer ailleurs. Après ses opérations, il se sentait faible, il avait mal et il lui fallait du repos. Si je voulais que papa et maman viennent voir mon match de foot, je savais qu'il y avait neuf chances sur dix pour qu'ils ne puissent pas se libérer, August devant être conduit, par exemple, chez l'orthophoniste ou à l'hôpital pour une nouvelle intervention.[...] C'est comme ça que j'ai pris l'habitude de ne jamais me plaindre. J'ai aussi appris à ne pas déranger papa et maman pour des petites choses."



vendredi 26 juillet 2013

Julie Maroh "Le bleu est une couleur chaude"


Dans Le bleu est une couleur chaude, le lecteur découvre le récit de Clémentine, jeune lycéenne à travers les écrits de son journal intime, à l'âge des premiers émois amoureux. 
Après une relation avortée avec son petit ami, Clémentine rencontre Emma, une étudiante aux cheveux bleus dans un bar gay. De cette rencontre va naître une très belle histoire d'amour dans laquelle les jeunes filles vont surmonter les épreuves qui se présentent à elles : la rupture difficile d'Emma avec sa copine, l'acceptation de son identité pour Clémentine, le rejet de sa famille, de ses amis.
La qualité du récit et des dessins en noir et blanc relevés d'une touche de bleu rendent les émotions des personnages, colère, tristesse, joie très palpables. La scène où les parents de Clémentine surprennent Emma nue chez eux et découvrent ainsi l'homosexualité de leur fille est très forte, tout le récit se déroule en images, sans texte, soulignant la violence de cet épisode dans la vie de Clémentine. 



Cette BD a été portée à l'écran par Abdellatif Kechiche avec le film La vie d'Adèle, palme d'or à Cannes, sortie en octobre 2013.

vendredi 28 juin 2013

Malika Ferdjoukh, Cati Baur "Quatre soeurs"


Cette BD proche du roman graphique est adaptée de la série de romans de Malika Ferdjoukh. 
Quatre sœurs, en réalité elles sont cinq. 
Charlie, l'aînée de 23 ans se retrouve chef de famille suite à la disparition soudaine de ses parents dans un accident de voiture, elle s'occupe de ses quatre petites sœurs au sein de la Vill' Hervé, grande maison de famille en bord de mer. Chaque tome livre le récit de l'une d'elles. Pour ce premier tome, zoom sur Enid, la benjamine de 9 ans qui part enquêter sur la présence d'un fantôme à la Vill'Hervé.
Disputes, petits bonheurs, histoires d'amour, difficultés quotidiennes, jalousie, deuil des parents, grandes joies, on suit avec intérêt le quotidien des ces orphelines très attachantes.
Les illustrations rétro de Cati Baur sont superbes, les filles semblent tout droit sorties d'une autre époque, comme pour souligner la singularité de cette famille atypique. 
A partir de 10-11 ans.





dimanche 12 mai 2013

Daniel Keyes "Des fleurs pour Algernon"






Pourquoi n'avais-je pas encore lu ce classique de la science-fiction écrit dans les années 60 ? Roman magistral à lire de toute urgence si vous ne le connaissez pas.
Une équipe de scientifiques a réalisé des tests sur une souris. Une intervention médicale a permis de décupler son intelligence. L'équipe veut désormais tenter l'expérience sur l'humain. Ils font appel à Charlie Gordon, déficient mental. Charlie va développer d'incroyables capacités intellectuelles. Il s'éveille à tout ce qui l'entoure et comprend bien des choses sur son passé, sa famille.
Pour apprécier chaque page de ce livre, ne lisez pas la quatrième de couverture qui en dit beaucoup trop, ni la dernière page du livre qui vous révèlera tout.
Tout jusque dans l'écriture stylistique retranscrit l'état de Charlie, ses émotions, son intellect, sa maturité et fait de ce livre un roman très émouvant.

"Conte randu N°1

3 mars. Le Dr Strauss dit que je devez écrire tout ce que je panse et que je me rapèle et tout ce qui marive à partir de mintenan. Je sait pas pourquoi mais il dit que ces un portan pour qu'ils voie si ils peuve mutilisé. J'espaire qu'ils mutiliserons pas que Miss Kinnian dit qu'ils peuve peut-être me rendre un télijan. Je m'apèle Charlie Gordon et je travail à la boulangerie Donner. Mr Donner me donne 11 dolar par semène et du pain et des gâteau si j'en veut. J'ai 32 ans et mon aniversère est le mois prochain. J'ai dit au Dr Strauss et au proféseur Nemur que je sait pas bien écrire mes il dit que sa fait rien il dit que je dois écrire come je parle et come j'écrit les composisions dans la clase de Miss Kinnian au cours d'adultes atardé du colege Bikman où je vait 3 fois par semène à mes heure de liberté. Le Dr Strauss dit d'écrire bocou tou ce que je panse et tou ce qui m'arive mes e peux pas pansé plus pasque j'ait plus rien à écrire et je vais marété pour ojourdhui."

jeudi 25 avril 2013

Johan Héliot série "Le Tempestaire", T.1 "La confrérie des naufrageurs"


La confrérie des naufrageurs est le premier tome d'une tétralogie fantastique remarquable.  

Nous sommes à Rédemption, ville portuaire où suinte la misère, la crasse et s'organise le trafic en tout genre, une ville dans laquelle pourrait évoluer Grenouille, le personnage de Süskind dans Le Parfum. Haggis est un personnage très influent et fortement redouté des habitants de Rédemption. Il tient une maison qui abrite des enfants abandonnés dès leur plus jeune âge par leurs parents, ces enfants possèdent tous un don qui se révèle vers l'âge de 12 ans mais que seul Haggis peut détecter très tôt. Jed est un tempestaire, il a le don de déclencher des tempêtes. Du statut de cadet, lui et ses amis vont devoir passer les terribles épreuves imposées par Haggis pour prétendre à la position d'aînés de la maison.
Johan Héliot avec son écriture ciselée, documentée, embarque ses lecteurs à bord d'un univers marin, venteux et envoûtant...
Dès 13 ans.

"Il demeura longtemps immobile, à scruter sa cible, s'imprégnant des moindres détails à mesure qu'elle se rapprochait. Entre ses mains, son fusil devint peu à peu le prolongement naturel de son corps. Le soleil finit par s'engloutir de l'autre côté du monde, jetant ses derniers feux sur l'océan comme on aurait lancé une poignée de poudre d'or à la surface d'un miroir ".

dimanche 17 mars 2013

Bernard Beckett "Genesis"






Anaximandre passe un examen de 5 heures devant trois examinateurs afin d'entrer à l'Académie. Son sujet d'examen : la vie et l’œuvre  d'Adam Forde (2058-2077). 
Adam Forde est né après l'instauration de la république de Platon. La république protège sa population insulaire derrière la grande barrière maritime de l'épidémie de peste qui s'est répandue dans le monde. Des miradors sont positionnés à différents endroits de l'île. Adam Forde, posté sur l'un des miradors a enfreint le règlement en n'abattant pas une personne extérieure qui tentait de gagner l'île...

Genesis est un roman de science-fiction original, bien écrit, rempli de considérations philosophiques et scientifiques qui ne le rendent pas facile à lire mais néanmoins captivant avec une fin inattendue !
A partir de 15 ans.

Anaximandre : [...] Bien entendu, il est facile de faire preuve de sagesse avec le recul, mais de notre propre point de vue aujourd'hui, il est clair que la seule peur qu'avait à redouter la population, c'était la peur elle-même. Le véritable danger que l'humanité a dû affronter pendant cette période à été le rétrécissement de son esprit.
Examinateur : Définissez l'esprit.
La voix de l'Examinateur était soigneusement modulée, un effet que l'on pouvait obtenir avec les filtres les moins onéreux. A ce détail près que le son ne provenait pas d'une quelconque technologie. C'était du contrôle, tout simplement.
Chaque silence, chaque hésitation : les Examinateurs remarquaient tout. C'était sans aucun doute, un moyen de faire leur choix. Anax se sentit tout d'un coup lente et banale. Elle entendait encore les derniers mots de Périclès. "Ils veulent voir comment vous allez réagir au défi. N'hésitez pas. Avancez vers la compréhension. Faites confiance aux mots. Sur le moment, cela paraissait si simple. Mais tout à coup, son visage se crispa et elle chercha ses mots comme un ami dans une foule, alors que la panique n'était qu'à un pas.
Anaximandre : Par l'esprit, je parlais de l'humeur majoritaire à l'époque. L'esprit humain permet d'affronter l'incertitude de l'avenir avec curiosité et optimisme. C'est la croyance qu'il y a une solution aux problèmes, tout comme aux différences, cela se rapproche de la confiance. Mais l'esprit est fragile. Il peut être entaché par la peur ou par la superstition. Vers les années 2050, au début du conflit, le monde avait sombré dans la crainte et les superstitions."

vendredi 15 mars 2013

Charlotte Bousquet "Rouge tagada"


Une couverture toute rouge et toute douce qui donne envie de croquer ce livre !
Rouge tagada est un roman graphique qui raconte le quotidien d'une collégienne éprise d'une camarade de classe avec laquelle elle va devenir amie. Ce récit joliment illustré par Stéphanie Rubini accompagne un texte qui fait preuve de sensibilité, fragilité et délicatesse pour aborder l'homosexualité à l'âge des tous premiers émois.



vendredi 22 février 2013

Siobhan Dowd "Où vas-tu Sunshine ?"



Holly, 14 ans, enfant de l'assistance publique fugue, elle décide de partir en Irlande retrouver sa mère. Elle quitte sa nouvelle famille d'accueil avec son sac lézard et une perruque blonde. En portant cette perruque, Holly devient Sunshine, une fille glamour aux hanches chaloupeuses, pleine d'assurance, prête à conquérir le monde. 
Commence alors un road trip qui va mener Holly/Sunshine a une introspection, l'horrible vérité se révèle pour la jeune fille et le lecteur au fil des pages. Un livre bouleversant.

A partir de 13 ans.

"Et soudain, je la repérai. La voiture qu'il me fallait. Un 4 x 4 bleu marine étincelant à sept places. Sans gosses. Les propriétaires, espèces de pingouins agités à cheveux gris, venaient d'en sortir, laissant les deux portières grandes ouvertes. Ils étaient à plusieurs mètres de la voiture, regardant la mer et bavardant avec quelqu'un qui se trouvait plus avant dans la queue. 
C'étaient des craps, à cent pour cent, et même des super craps, autrement dit, des crappy-craps. Crappy crap est le mot que Trim, Grace et moi, on avait inventé à Templeton House. Il signifie : "Crétin d'Adulte Périmé"

jeudi 24 janvier 2013

Kathleen Karr "La longue marche des dindes"


Ce roman paru en 1998 aux États-Unis s'adresse à un large public dès 13 ans jusqu'à 99 ans.

1875. Simon, 15 ans, souvent appelé "cervelle de paon" se voit refuser l'entrée au CE2 après avoir quadruplé son CE1. Qu'à cela ne tienne, ce jeune garçon décide de monter sa propre affaire en achetant 1000 dindes avec l'aide de son enseignante, Miss Rogers, et de les conduire jusqu'à Denver où elle se vendent 5 $ pièce contre 25 cents dans son Missouri natal. 

Ce roman d'initiation livre toute le courage et la détermination de Simon qui va devoir faire face à de nombreux obstacles tout au long du chemin mais aussi bénéficier de l'entraide et la solidarité de certains. Plongée dans la culture et l'histoire des États-Unis au travers de la conquête de l'ouest, des réserves indiennes, de l'esclavage et du self made-man.

"Quand le jour s'est levé, je n'ai pas eu besoin de m'occuper de mes dindes. Elles descendaient déjà en vol plané des arbres où elles s'étaient nichées, elles grattouillaient l'herbe, et quelques-unes prenaient même toutes seules la route de l'Ouest. Je n'avais jamais vu de volailles aussi enragées de voyager. 
Alors, naturellement, nous avons avalé en toute hâte notre petit déjeuner de café et de lard grillé. Pendant ce temps, Emmett [le chien] s'amusait comme un fou à empêcher ces fichues dindes de partir pour Denver avant nous."



vendredi 4 janvier 2013

Anne Percin "Comment (bien) rater ses vacances"


Voilà un roman très drôle, plein de réparties.

Juin. Les discussions concernant les vacances de la famille Mainard sont entamées. Les parents ont prévu un séjour en Corse cet été. Leurs enfants Maxime, 17 ans et Alice sa petite sœur ont bien envie de passer leurs vacances sans leurs parents. Alice opte pour une colonie de vacances avec sa copine. Maxime sans projet particulier, décide de passer ses vacances chez sa grand-mère à 10 minutes de chez lui en région parisienne. Des vacances plutôt tranquilles se profilent pour lui, c'est sans compter le malaise cardiaque de sa grand-mère qui viendra tout bousculer et où Maxime devra se débrouiller seul...

Anne Percin dresse le portrait d'un ado quelconque, Maxime n'est pas un mec à la popularité galopante dans son lycée. Il a bien quelques amis mais ne s'organise pas pour autant des vacances avec eux, il n'a pas de copine et ne semble pas pressé d'en avoir. Son personnage est attachant, il a beaucoup d'humour, une imagination débridée qui le conduisent à partir dans des délires tordants et dans lesquels on se laisse volontiers embarquer, comme sa correspondance imaginaire adressée à ses parents :
"Chers parents,
Mon stage de survie en milieu hostile se passe bien, merci. J'espère que vous n'êtes pas trop morts, rapport aux frais de rapatriement qui doivent coûter bonbon depuis la Corse. Sinon moi ça va, j'ai mangé Hector [le chat de sa grand-mère] mais pas tout d'un coup, j'en ai congelé un bout pour le mois prochain. Heureusement que j'ai l'eau-de-vie de Mamie, ça m'aide à tenir. Si jamais vous ne reveniez pas, ce serait sympa de m'envoyer un mandat parce que la prostitution masculine, ça marche pas trop dans le quartier. bon, ben je vois laisse, c'est l'heure de ma piqûre d'héroïne.
Gros bisous
Votre fils bien-aimé, Maxime." 

Maxime va grandir au fil du récit et entrer à grands coups de pieds aux fesses dans l'âge adulte. 
Le roman est truffé de références au cinéma, à la littérature et à la musique.

Pour les fans : il existe un tome 2  : "Comment (bien) gérer sa love story" et un tome 3 : "Comment devenir une rock star (ou pas)"


dimanche 23 décembre 2012

Alex Cousseau "Les trois vies d'Antoine Anarchasis"


Déjà publié sur ce blog un article sur un roman d'Alex Cousseau : "Je suis le chapeau". Si vous aviez aimé ce titre, assurément vous aimerez son dernier roman. On retrouve dans "Les trois vies d'Antoine Anarchasis", l'aventure, le voyage, et l'histoire. Taan ou Antoine naît poisson lors du naufrage du bateau sur lequel ses parents étaient esclaves et au cours duquel ils vont perdre la vie. Repêché un an plus tard par le docteur Blind, Antoine va grandir à ses cotés comme son propre fils. Tous deux partent à la recherche du trésor du pirate "La buse" ou La bouche", ancêtre d'Antoine mais leurs chemins vont se séparer. Antoine va vivre mille aventures de l'esclavage aux États-Unis, à la chasse à la baleine sur les océans en passant par une rencontre avec Edgar Allan Poe ou les sœurs Fox. Comme dans "Je suis le chapeau", Alex Cousseau mêle la fiction à la réalité. On se laisse embarquer par ses talents de conteurs. A partir de 13 ans.

"Je m'appelle Taan. Ou Antoine. Ou Anacharsis. Peu importe pour l'instant. Je vais naître trois fois. A l'âge de 16 ans, on me tranchera la langue, mais rien ne m'empêchera de raconter mon histoire jusqu'au bout. Rien n'y personne. Je vivrai. Je mourrai, puis je renaîtrai. Je connaîtrai des joies et des humiliations. Je ferai plusieurs tours du monde. Mon histoire commencera au large de Madagascar, sur une petite île nommée Nosy Boraha, ou Sainte-Marie pour les Européens. Une île idéalement placée en marge de la route des Indes. C'est de là que je partirai, et c'est là qu'à la toute fin je reviendrai."

Silvana Gandolfi "L'innocent de Palerme"


Un roman à 2 voix très fort inspiré de faits réels sur la mafia sicilienne. Santino, 6 ans se réveille sur un lit d'hôpital, après avoir été témoin d'un règlement de comptes impliquant des mafiosos. Lucio, 11 ans, grandit entre une mère malade et une petite sœur de 5 ans dont il a souvent la charge. Qu'est-ce qui relie ses deux garçons ? On se laisse embarquer par l'écriture de Silvana Gandolfi, on plonge dans la vie de ces gamins à l'enfance saccagée par la gangrène mafieuse. Faut-il briser l'"omerta" au risque de devenir un "infâme" et de se faire "éteindre"? Le ton est grave, sans emphase. A partir de 14 ans.

"Les enfants sont comme des roseaux, Santino : ils ploient sous le vent, mais quand celui-ci cesse de souffler, ils se redressent. Leur souplesse leur permet de s'adapter aux situations difficiles sans trop subir de dégâts. Ils sont plus flexibles que les adultes. Dans notre jargon, on appelle ça la "résilience". Mais si la rafale est trop forte, bien sûr, il arrive que les enfants aussi soient brisés. Pas toi. Toi tu t'es relevé."