lundi 11 novembre 2013

Johan Harstad "172 heures sur la Lune"




La NASA lance un grand concours destinés aux 14-18 ans à travers le monde pour gagner un séjour de 172 heures sur la lune en compagnie d'astronautes chevronnés. Des millions de jeunes tentent leur chance. Les grands gagnants sont : Mia, 16 ans, norvégienne; Midori, 16 ans, japonaise et Antoine, 17 ans, français. Ils quittent leur pays pour suivre un entraînement de trois mois à Houston avant le décollage de la fusée. 

Difficile de parler de ce roman sans trop en dévoiler... Le résumé, la couverture et le thème laisse penser qu'on est en plein dans un univers de science-fiction, pourtant 172 heures sur la Lune n'est pas un roman de SF pur, des phénomènes paranormaux vont apparaître au fil des pages de ce roman haletant. 
L'écriture souffre de quelques répétitions et longueurs, les 200 premières pages sont un peu laborieuses, mais accrochez-vous, vous ne serez pas déçus par ce livre inspiré de faits réels totalement prenant et angoissant. 

A partir de 13-14 ans.

"Et les uns à la suite des autres, l'équipage s'extirpa du module et descendit sur la surface de la Lune. Midori avait toutes les peines du monde à trouver un appui stable. La combinaison qui lui paraissait énorme, compliquait la locomotion. A chaque mouvement, elle était obligée de donner à son corps les instructions sur ce qu'il devait entreprendre, mais il ne semblait pas en état de suivre ses ordres. Tout à coup, elle sentit une main empoigner son talon et la guider au bas de l'échelle tout en entendant dans l'intercom Nadolski lui dire " Je te tiens". La minute suivante, elle avait les deux pieds solidement plantés dans la poussière grise."

dimanche 27 octobre 2013

Stéphane Servant "Le coeur des louves"

Stéphane Servant a écrit beaucoup d'albums pour enfants et quelques romans pour adolescents. Le cœur des louves est son dernier roman publié dans la collection DoAdo mais il aurait aussi bien pu paraître dans la Brune, collection au Rouergue pour les adultes. 

La couverture représente bien l'ambiance de ce roman sombre se déroulant au cœur des montagnes sauvages et entre les vieilles pierres d'un village où se logent des secrets enfouis depuis des années.
Célia a 15 ans, elle arrive seule dans le village où vécut sa grand-mère et qui a vu grandir sa mère, devenue une célèbre écrivaine. De page en page, on découvre l'histoire de ces trois générations de femmes au destin lié, un lourd héritage pour Célia qui va devoir dénouer un à un les fils de ce passé flou. Stéphane Servant est un formidable conteur à l'écriture précise, on se laisse guider et on plonge dans les 500 pages de ce roman peuplé de loups et de croyances.

"Nous cherchons tous à nous libérer du passé. Nous tentons, jour après jour, de graver par-dessus ce qui été gravé [...] Mais les fantômes ne reviennent pas. Ils dansent à la périphérie de notre vision et jamais nous ne pourrons les ramener dans nos bras. Le passé est un mausolée inaccessible. On peut tenter de le comprendre. En apprécier les formes, les dimensions, le sens. Mais il nous est interdit d'y pénétrer. Sous peine de nous perdre et d'errer sans fin dans un labyrinthe de doutes à la poursuite de ceux qui reposent là sans jamais parvenir à les rattraper. Non, c'est du futur qu'il faut se libérer, Catherine. Se libérer maintenant. Il te semblera que les chaînes sont lourdes comme des siècles. Mais il suffit de regarder devant pour les sentir se disloquer. La peur du vide nous empêche d'être au monde."

A partir de 15 ans.

dimanche 13 octobre 2013

Annelise Heurtier "Sweet sixteen"





Sweet sixteen est une locution pour parler du seizième anniversaire d'une jeune fille, évènement important dans la culture américaine qui marque le passage vers l'âge adulte. Un anniversaire loin d'être doux pour Molly. Fin des années 50, les États-Unis sont divisés entre les ségrégationnistes et les progressistes. Molly et huit lycéens noirs intègrent pour la première fois un établissement scolaire réservé aux blancs. Ils vont devoir affronter le rejet, les brimades,les humiliations et les insultes. 

Roman court inspiré de faits réels, Sweet sixteen est une histoire à deux voix, celle de Molly dont le quotidien vire à l'enfer et celui de Grace, élève blanche dans la même classe qu'elle, à prime abord plus intéressée par les garçons et par sa garde-robe mais qui au fil des pages va entrer en résistance. Évitant tout manichéisme, ce roman met en lumière les difficultés que chacun peut rencontrer dans une société sclérosée, bâtie sur des acquis infondés. Mais rien n'est immuable, Molly s'imagine qu'un jour le président des États-Unis sera peut-être noir, et pourquoi pas ? Les étudiants devenus septuagénaires ont été invités par Barack Obama lors de la soirée de son investiture en 2008.

"-Mais regardez-la, souffla Brook en secouant la tête. Mais regardez comme elle est habillée ! Et ses cheveux  ?
Dorothy pouffa. On n'avait pas idée d'avoir des cheveux pareils
Judy murmura :
-Vous exagérez, je ne la trouve pas si moche, moi...
Brook et Dorothy se retournèrent brusquement. Brook demanda en articulant exagérément, comme elle se serait adressée à une attardée :
-Pardon ?
Judy rougit si fort que Grace en eut pitié pour elle. Elle répondit à sa place pour détourner l'attention :
-Il est presque dix heures, ça ne va pas tarder à sonner. Vous croyez qu'elle va venir en sport avec nous ?
Un flash traversa les yeux de Dorothy :
-Elle ne va quand même pas utiliser nos douches... et nos toilettes ? 
Brook secoua ses boucles :
-Impossible ! C'est interdit par la loi !
-C'est vrai, depuis le temps, ils auraient pu en construire d'autres, pointa Grace en entendant la sonnerie"

samedi 21 septembre 2013

Jean-Hugues Oppel "Ippon"


Amateurs de frissons et lectures à grandes sensations, jetez-vous sur ce livre ! 

Sébastien, 13 ans passe la soirée avec sa nounou, un peu grand pour être gardé par la jeune et jolie étudiante blonde, penserez-vous, mais Justine, c'est son prénom, aide aussi Sébastien à faire ses devoirs et rassure par sa présence la mère de Sébastien, très maman-poule.
Tout se déroule comme d'habitude jusqu'à ce que Sébastien, inquiet de ne pas voir Justine revenir avec le verre d'eau qu'il lui a demandé, décide de descendre dans la cuisine. Il trouve le corps de sa baby-sitter étendu au sol dans une mare de sang. Un tueur est en ce moment même dans la maison, Sébastien est sa prochaine victime...

Ippon a été publié pour la première fois en 1993, ce titre sélectionné par le ministère de l'éducation nationale est un classique de la littérature jeunesse, remarquable de par la qualité de son écriture et son intrigue. 
A noter d'autres titres de Jean-Hugues Oppel dans la nouvelle collection "Fais-toi peur" : "Dans le grand bain", "Nuit rouge", "Tigre ! tigre ! tigre !"

A partir de 10-11 ans, bons lecteurs.



"Sébastien se plaque contre le mur, terrorisé. Des protubérances arrondies lui effleurent le sommet du crâne; une arête vive touche sa nuque.
Les fusibles du tableau électrique. C'est le boîtier rectangulaire du disjoncteur qui est venu lui chatouiller l'occiput.
Là-bas la silhouette se remet en marche. Un éclair d'argent luit, fugitif.
Sébastien agit d'instinct. Gifle à la volée l'interrupteur principal du coupe-circuit. Un relais claque en mèche de fouet.

Toutes les lumières s'éteignent. Le salon est plongé dans le noir.
La silhouette s'est immobilisée."

mardi 3 septembre 2013

Sara Pennypacker "La folle semaine de Clémentine"






Clémentine est une petite fille qui ne manque pas d'imagination. Elle trouve injuste que ses parents lui aient donné un nom de fruit et pas à son petit frère qu'elle n'hésite pas à rebaptiser Topinambour, Carotte, Epinard ou encore Haricot. Pas envie d'aller à l'école ? Il suffit d'expliquer à sa maman qu'on a les orteils crevassés ainsi qu'une inflammation des iris sans oublier l'arthrite, maladie très contagieuse, transmise par les postillons de Madame Jacobi, la voisine du dessus ! Clémentine est également très créative en matière de bêtises, ce qui lui vaut des visites régulières dans le bureau de Mme Pain, la directrice de son école.
3 autres tomes des aventures de Clémentine sont disponibles : Clémentine notre amie à tous, Clémentine a tous les talents, Clémentine et la lettre secrète.
A partir de 8 ans.

"L'année dernière, Polka a accouché de trois chatons dans le tiroir de ma commode. Heureusement que je le laisse toujours ouvert ! Mes parents m'ont permis de choisir leurs noms. Comme je sais que les noms les plus merveilleux du monde sont imprimés sur les étiquettes des produits qu'on range dans les salles de bains, j'ai emporté les chatons dans la nôtre et j'ai regardé autour de moi jusqu'à ce que je trouve ceux qui allaient bien. 
Fluor et Laxatif sont partis chez des gens qui ont répondu à l'annonce que papa a publiée dans le journal [...]"



mardi 13 août 2013

Tom Angleberger "L'étrange cas Origami Yoda"






Imaginez que vous soyez en sixième et que votre copain Dennis se balade dans tout le collègue avec une marionnette de papier à l’effigie de Yoda, prodiguant divers conseils aux uns et aux autres. Dennis c'est sans aucun doute le type le plus bizarre que Tommy ait jamais connu. Pas facile d'être populaire au collège notamment auprès des filles les soirs de bal avec ce drôle de garçon à ses côtés...
Faut-il écouter les prédictions et les conseils d'origami Yoda ? Un grand débat sépare le collège entre les pro et les anti Yoda. Ce petit bout de papier plié au bout du doigt de Dennis, ne serait-il pas un prétexte pour prendre confiance en soi et se lancer ?

Chaque chapitre est le récit d'un collégien sur son expérience auprès de Maître Yoda. Ce roman plaira sans aucun doute aux fans de "Journal d'un dégonflé". On y retrouve le même univers, un peu les mêmes thèmes, un texte aéré entrecoupé de commentaires et de petits dessins qui facilitent la lecture.

"Lire ce livre tu dois ! Trop drôle il est. Bien rigoler tu vas. Ne plus t'arrêter tu vas !"

A partir de 11 ans. 

Et pour ceux qui souhaitent réaliser un yoda en origami : 





dimanche 4 août 2013

R. J. Palacio "Wonder"


Deux couvertures pour ce livre publié chez Fleuve noir et chez Pocket junior. 
Livre pour lequel j'ai un peu hésité à publier ce billet... sans doute parce qu'il est marqué par une morale bien pensante propre à la culture américaine plutôt agaçante. Mais il faut dire aussi que lorsque je l'ai ouvert, je n'ai pas pu le refermer.

August joue au ballon, fait du vélo, mange des glaces comme tous les enfants de son âge pourtant il n'est pas un garçon ordinaire. Atteint d'une malformation faciale, son visage suscite regards, attitudes de gêne et de rejet. 
Ayant dû subir de nombreuses interventions chirurgicales dès son plus jeune âge entraînant à chaque fois des hospitalisations, August n'a jamais été à l'école, c'est sa mère qui lui donne des cours à la maison. La prochaine opération étant prévue dans 2 ou 3 ans les parents d'August lui propose d'aller dans un collège pour son entrée en 6e. 
L'entrée au collège est toujours un cap un peu difficile qui marque la fin de l'enfance vers l'adolescence, pour August, les épreuves seront doubles. Les élèves de son collège iront jusqu'à inventer la peste, maladie que l'on contracte si l'on touche August ou un objet que August a touché.
Ce roman est bouleversant, chacun des personnages (August, sa mère, sa sœur, ses copains) deviennent tour à tour les narrateurs de ce livre et donnent leur point de vue, les difficultés que eux aussi rencontrent (pas facile d'être rejeté par les autres parce qu'on est l'ami, la sœur du "monstre"). On est touché par la bienveillance des parents et de la sœur d'August bien que ce soit un chouilla enjolivé. 
Pas facile d'être différent, August est loin de correspondre aux canons de beauté qui plus est à un âge où il faut être populaire dans son collège en soignant son apparence (tenue vestimentaires, cheveux, maquillage, attitude...)

A partir de 11-12 ans.

Olivia la sœur d'August :
"J'ai toujours accepté le fait qu'August est spécial et qu'il a des besoins particuliers. Si je faisais trop de bruit en jouant et qu'il était l'heure pour lui de faire la sieste, je savais qu'il fallait que j'aille jouer ailleurs. Après ses opérations, il se sentait faible, il avait mal et il lui fallait du repos. Si je voulais que papa et maman viennent voir mon match de foot, je savais qu'il y avait neuf chances sur dix pour qu'ils ne puissent pas se libérer, August devant être conduit, par exemple, chez l'orthophoniste ou à l'hôpital pour une nouvelle intervention.[...] C'est comme ça que j'ai pris l'habitude de ne jamais me plaindre. J'ai aussi appris à ne pas déranger papa et maman pour des petites choses."